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Organization: Mouvement international ATD Quart Monde
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Posted: May 06 2005,08:27 If you wrote this report, you will find a button here that you may click
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PROGRESS: Has your organization seen progress toward a culture of peace and nonviolence in your domain of action and in your constituency during the first half of the Decade?

I. PROGRES DANS L'ELABORATION D'UNE CULTURE DE LA PAIX  ET DU REFUS DE LA VIOLENCE

A. Les très pauvres ont une contribution essentielle à apporter aux pays, aux cultures et à la communauté internationale
Alors que la communauté internationale se mobilise pour la sécurité et contre les actions terroristes, les populations défavorisées vivent dans une angoisse et une insécurité permanentes, souvent dans une grande violence. Les personnes et les familles qui vivent dans la pauvreté se demandent toujours si elles auront à manger le lendemain ou si elles pourront faire face à la maladie d’un enfant. Dans les bidonvilles où elles habitent, il y a souvent des trafics, des expulsions ou des incendies.
Les pauvres veulent vivre dans la paix et inventent au jour le jour des réponses pour survivre, s’entraider, vivre ensemble, se réconcilier. Leurs efforts sont fragiles et peu visibles, mais bien réels. Cette expertise est essentielle à la société, il faut qu'elle puisse être entendue par tous ceux qui ont la responsabilité de construire son avenir.
C’est pourquoi ATD Quart Monde élabore un dialogue entre des populations défavorisées et la société : il organise des actions telles que des Universités populaires Quart Monde, un réseau de croisement des savoirs pour que la connaissance des plus défavorisés, des intervenants sociaux, des universitaires puissent créer de nouveaux savoirs et de nouvelles pratiques issus de la lutte contre l’extrême pauvreté, et aussi des séminaires d’évaluation d’actions pour tirer des leçons et faire des propositions aux pouvoirs publics.

B. Campagnes
1. Renforcement de la dynamique créée par le 17 octobre, journée mondiale du refus de la misère (journée internationale pour l’élimination de la pauvreté)
Les efforts, la souffrance et les espoirs des très pauvres constituent la base de la journée mondiale du refus de la misère.
C’est le 17 octobre 1987 sous l’impulsion du père Joseph Wresinski (1917-1988), fondateur d’ATD Quart Monde, que cette journée a été lancée et qu’une Dalle commémorative en l’honneur des victimes de la misère a été inaugurée sur le Parvis des droits de l’homme à Paris. Le 17 octobre a été reconnu comme Journée internationale pour l’élimination de la pauvreté en 1992 par l’Assemblée Générale des Nations Unies.
Cette journée est l’occasion pour le public d’entendre la voix des personnes qui vivent dans la grande pauvreté et de s’interroger sur les engagements que peuvent prendre les citoyens et les institutions pour refuser la misère.
Le renforcement de cette journée est un élément important dans le développement de la société civile qui se manifeste de plus en plus pour que le développement du monde soit plus humain et pour que se créent de nouvelles façons de vivre ensemble.
Elle est de plus en plus célébrée à travers le monde : de 2000 à 2004, à notre connaissance, le nombre de pays où ont eu lieu des commémorations en l’honneur des victimes de la misère est passé de 38 à 52 ; le nombre de langues utilisées est passé de 20 à 31 (Dans un pays comme le Canada, il y a eu 28 commémorations en 2004) ; le nombre de répliques de la Dalle en l’honneur des victimes de la misère est passé de 21 à 29. Le nombre de visites sur le site web de la journée www.oct17.org s’est monté à 157 000 en un an.

2. Développement d’un courant d’amitié entre enfants de tous milieux sociaux

Le mouvement Tapori, branche enfance d’ATD Quart Monde, est un courant mondial d'amitié qui relie entre eux des enfants de tous milieux. Aux quatre coins du monde, des enfants rêvent d'une terre où la misère n'existera plus, où chacun pourra vivre dans la paix et l'amitié partagée. Ils ne veulent pas attendre d'être grands pour agir dans ce sens. Tapori les rejoint dans leurs rêves et les soutient dans leur volonté de lutter contre la misère et l'exclusion.
Aujourd'hui plus de dix mille enfants entre 8 et 13 ans sont en relation, à travers les pays et les continents par la lettre de Tapori. Avec leur famille, leur classe, leur groupe, ils s'efforcent d'inventer une manière de vivre l'amitié et la solidarité qui ne laisse pas les faibles de côté. L’action de Tapori est décrite dans la partie « Education pour une culture de la paix » (voir aussi le site www.tapori.org)

OBSTACLES: What are the most important obstacles that have prevented progress?

II. LES OBSTACLES A LA PAIX

A. L’exclusion sociale renforce la pauvreté et la violence.
Parmi les obstacles à la paix, il faut citer l’exclusion sociale qui frappe généralement les personnes qui vivent dans l’extrême pauvreté et qui fait que l’on considère que ces personnes sont les seules responsables, voire coupables, de leur situation. De ce fait, elles développent une perte de confiance dans leurs capacités et un sentiment d’infériorité. L’exclusion vient renforcer le cercle vicieux de l’extrême pauvreté et s’ajoute aux précarités notamment dans le domaine du droit à l’enregistrement, de l’emploi décent, du droit à l’alimentation, de l’accès au logement, du droit à l’éducation et à la culture, à la possibilité pour une famille d’élever ses enfants, à l’accès à la justice et à la participation à la vie politique.

Cette exclusion se manifeste par des préjugés négatifs, du mépris ou de l’indifférence. Selon les circonstances, elle se combine avec le racisme et l’intolérance religieuse. Mais selon ATD Quart Monde, elle ne peut être confondue avec ces phénomènes et doit être combattue en tant que telle.

Citons par exemple, les « nettoyages » de rue qui font que les familles ou les enfants qui vivent dans la rue ou le long de voies ferrées dans des pays du Sud sont expulsés vers de lointaines banlieues sans aucun projet d’avenir. Dans les pays occidentaux, existent des quartiers où se trouvent reléguées des populations exclues. Certaines politiques excluent de fait les personnes de l’accès aux droits fondamentaux (non-accès au logement, durcissement d’accès aux allocations de chômage, accroissement du nombre de travailleurs pauvres, suspicion à l’égard des bénéficiaires de politiques sociales, par exemple).
Il est nécessaire d’associer les plus pauvres à l’élaboration des politiques, à leur mise en œuvre et d’évaluer leur impact sur les populations. C’est une des conditions indispensables pour combattre la fracture sociale à l’intérieur des sociétés et entre les pays.

B. La pression du court terme.
Programmer à court terme et ignorer la nécessité d’objectifs à long terme représente un obstacle permanent pour mener des actions en faveur de la culture de la paix en lien avec l’élimination de l’extrême pauvreté. Trop souvent, sinon toujours, les bailleurs de fonds et les instances publiques (nationales, européennes et internationales) apportent leur soutien logistique et financier sur des périodes trop courtes pour prétendre développer et ancrer durablement des actions en faveur de la paix et contre l’extrême pauvreté. Cela aboutit à ce que les actions mises en œuvre sont pensées sur un court terme (maximum 2 ou 3 ans), ce qui ne permet pas une mobilisation dynamique et durable des populations pour lutter contre la misère.

C. Reconnaissance insuffisante de l’engagement humain.
En lien avec cette non-reconnaissance de la nécessité du temps, un autre obstacle important est que l’engagement humain n’est pas non plus reconnu et pris en compte : financièrement, au niveau de la formation, des possibilités d’échanges, etc. Cela conduit à penser qu’il suffit de mettre en place des infrastructures pour atteindre les populations les plus pauvres et pour bâtir la paix. Des décennies d’expériences démontrent pourtant que la différence dans la réussite ou l’échec de projets et d’actions en direction des plus pauvres se situe au niveau de la prise en compte ou non de l’engagement humain.

ACTIONS: What actions have been undertaken by your organization to promote a culture of peace and nonviolence during the first half of the Decade?

III. ACTIONS

A. Education pour une culture de la paix

Une des actions du Mouvement ATD Quart Monde pour bâtir une culture de la paix est le mouvement Tapori, un réseau mondial d'amitié qui relie entre eux des enfants de tous milieux.
Aujourd'hui plus de dix mille enfants entre 8 et 13 ans de 42 pays sont en relation, à travers les pays et les continents par la lettre de Tapori. Tous les mois elle leur apporte des nouvelles d'autres filles et garçons qui, en Europe, en Afrique, en Amérique ou en Asie, trouvent les moyens de ne laisser aucun enfant seul, sans amis. Editée en allemand, anglais, espagnol, français et néerlandais. Certains numéros sont également traduits en thaï, en tagalog, en chinois, en malgache et en polonais. Tous les jours la boîte aux lettres de Tapori reçoit de nouveaux témoignages, des messages dans lesquels les enfants, pauvres ou non, parlent de leur vie et de leur contribution aux droits de l'enfant, aux droits de l'homme par tout ce qu'ils font «  pour casser la misère » comme ils disent, pour que la vie soit plus belle dans leur quartier, leur école, leur association.
Pour soutenir l’engagement quotidien des enfants, Tapori participe et organise des évènements comme par exemple :

1.  Session extraordinaire des Nations Unies consacrée aux enfants
En mai 2002 s’est tenue la session extraordinaire de l’Assemblée Générale des Nations Unies consacrée aux enfants. Deux enfants du mouvement Tapori, Nick des Etats-Unis et Malal du Sénégal, ont été invités à participer avec 600 enfants du monde.
Pour cette session, ATD Quart Monde a fait une contribution : «Les enfants Tapori font vivre la Convention internationale des droits de l’enfant»(1) à partir de témoignages de groupes d’enfants Tapori insistant sur l’importance de pouvoir vivre dans sa famille, apprendre, avoir des amis. « Nous aimerions que tous les enfants se mettent ensemble pour faire que plus aucun enfant ne nage dans la misère. » disent-ils.
Malal de 15 ans écrit : « Nous avons beaucoup parlé de pauvreté. Pendant les réunions, j'ai demandé aux autres enfants combien d'entre eux sont scolarisés. La grande majorité le sont. C'est bien pour eux, mais ça veut dire que nous discutons des obstacles à la scolarisation sans la participation d'enfants qui ne profitent pas eux-mêmes de l'école. » Parmi les questions qui lui tiennent à cœur, Malal cite les conflits armés, le VIH/SIDA et l'éducation. « Mon message le plus important est celui-là : le monde doit en finir avec la guerre.(2)»

2. Séminaire « Tapori source d’engagements » à La Paz
Dans le Séminaire International(3) Tapori à La Paz (Bolivie), 107 personnes de 11 pays, dont beaucoup de professeurs, se sont rassemblés pour évaluer et développer leur action. Une des idées importantes a été retenue par l’équipe de préparation : « Les enfants une fois de plus ont mis au centre de nos préoccupations leur souci que tous nous devons, avec eux, leur offrir la possibilité d'un futur meilleur. Ils nous ont montré que l'amitié gagne sur la misère et que partager le meilleur de soi-même est le début d'une véritable culture du refus de la misère, la base pour une culture de la paix dans le monde... »(4)

3. Campagnes
* La machine qui change le regard du monde
Des enfants de plusieurs lieux du monde ont été motivés par l'intermédiaire de la lettre TAPORI à fabriquer des machines qui « changent le regard des choses, qui permettent de comprendre les autres et qui transforment notre regard ». Toutes les machines réalisées par les enfants ont été exposées dans des foires, des collèges et des écoles pendant le mois d'octobre(5).
* Les colombes de la paix, Octobre 2004
Environ 3000 messages d'enfants, écrits dans des petits papiers sous forme de colombe ont été reçus au Guatemala et ont volé au ciel grâce à des ballons de toutes les couleurs. Cette campagne a eu lieu au Guatemala et les messages des enfants sont arrivés de Bolivie, Pérou, Honduras, Salvador, Espagne, États Unis et d’autres parties du monde. Les messages, qui naissaient du cœur des enfants, ont été partagés pendant la cérémonie du 17 octobre au Parc Central de la capitale guatémaltèque en présence de Madame Rigoberta Menchu Tum, prix Nobel de la paix.

B. Participation démocratique

La participation de tous - ou au minimum la recherche de la participation de tous - est une des conditions pouvant garantir un fonctionnement équitable, ouvert et dynamique des sociétés. Cela ne peut se faire sans relever le défi de l’élimination de l’extrême pauvreté avec la participation effective des plus pauvres eux-mêmes dans la conception et l’élaboration des politiques et des programmes. Est-il en effet possible de faire reculer de façon significative la pauvreté et l’extrême pauvreté sans s’assurer de la participation des premiers concernés, c’est-à-dire ceux qui sont privés de l’accès aux droits fondamentaux ? Ceux-ci possèdent une longue expérience et un savoir unique des chemins qui mènent vers la jouissance effective de ces droits et vers la prise de responsabilités à laquelle ils aspirent tout autant que d’autres. Recueillir cette expérience et apprendre de ceux qui restent hors d’atteinte des programmes de lutte contre la pauvreté relève bien de la participation démocratique et est indispensable au moment où la communauté internationale évalue la mise en œuvre de la Déclaration du Millénaire.
Parmi les agences du système des Nations Unies, l’UNESCO a peut-être une responsabilité particulière dans le champ de la participation démocratique puisque ses domaines de compétence devraient favoriser cette participation et contribuer à son renforcement : éducation, communication, sciences sociales et humaines, culture, etc. C’est sans doute cette recherche de participation démocratique qui a conduit les Etats membres de l’UNESCO à adopter dans la Stratégie à Moyen Terme 2002-2007, deux thèmes transversaux dont l’un concerne : « l’élimination de la pauvreté, et en particulier de l’extrême pauvreté ». Pour prometteur et novateur qu’ait été ce thème transversal, force est de reconnaître qu’il a du mal à prendre racine dans les Grands Programmes de l’UNESCO. Cela n’amoindrit pas son importance, au contraire. Cela souligne combien un objectif de cette envergure nécessite, sur un long terme, des engagements politiques accompagnés d’engagements financiers et nécessite aussi de poser la question de la participation des premiers concernés, c’est-à-dire les plus pauvres.
Les actions menées par ATD Quart Monde ont toutes à voir avec ce défi d’éliminer l’extrême pauvreté par la participation démocratique de tous, car leur finalité est :
- de susciter des rencontres, des dialogues entre personnes de tous milieux et tous horizons, avec une volonté d’aller à la rencontre de ceux qui sont hors vision,
- de partager formation, culture, emploi, savoir et savoir faire,
- et par là d’expérimenter des manières de vivre ensemble fondées sur la priorité aux plus démunis.
Il en est ainsi des Universités Populaires Quart Monde(6), des Bibliothèques de rue (ou aux champs, ou sous les lampadaires, selon les régions), des Festivals ou des Mois du Savoir, des Semaines de l’avenir partagé, des Universités d’Eté, etc.
Les exemples ci-dessous illustrent que la participation démocratique de tous est possible, y compris dans des situations de conflits, et qu’elle est créatrice de liens nouveaux et d’engagements nouveaux.

1. Développer un courant mondial du refus de la misère : le 17 octobre
Le 17 octobre 1987, sous l’impulsion du père Joseph Wresinski, 100 000 défenseurs des droits de l’homme se sont rassemblées à Paris et ont inauguré une dalle sur laquelle est gravé : « Là où des hommes sont condamnés à vivre dans la misère, les droits de l'homme sont violés. S'unir pour les faire respecter est un devoir sacré. Père Joseph Wresinski »
A travers ces différentes dimensions, la journée apporte une contribution à deux aspects de la lutte contre la pauvreté qui ont été reconnus comme particulièrement cruciaux par les instances internationales : mobiliser la société et ses institutions pour atteindre et soutenir les plus rejetés, développer un véritable partenariat avec eux.
Elle permet de :
- Donner la parole aux pauvres et de rendre visibles, présents, la souffrance, le courage, les initiatives, en particulier des plus exclus d’entre eux.
- De créer des rencontres entre personnes de tous milieux et de susciter de nouvelles alliances contre la pauvreté.
- Diffuser le message des pauvres et les engagements à travers les médias, les organisations locales, nationales et internationales (par exemple : journal Résistances en France - site web de la journée : www.oct17.org)
- Fixer des rendez-vous politiques (par exemple : la table ronde annuelle de l’Union européenne autour des plans nationaux d’inclusion)
A notre connaissance, la journée a été célébrée dans 52 pays en 2004 et par de nombreuses institutions nationales et internationales.

2. Rapport Final de la Commission de la vérité et de la réconciliation, Pérou, 2003
Pour changer la logique du combat politique centrée sur l’opposition et l’affrontement en une logique de construction d’un consensus dans la société civile, l’équipe ATD Quart Monde du Pérou fait partie d’une Conférence des ONG dont le but est de diffuser le Rapport Final de la Commission de la vérité et la réconciliation. Cette commission cherche l’engagement de la société civile pour dépasser les causes qui ont submergé le pays au cours d’un conflit armé de plusieurs années.
Pour cela, la célébration de la Journée mondiale du refus de la misère, au Pérou, est une occasion où l'aspiration à l'expression publique des familles très pauvres, leur besoin d'un lieu et d'un temps de mémoire est respecté. En même temps, elle permet aux citoyens de réfléchir aux causes de la pauvreté, d’aller au-delà des a priori et des préjugés, de dépasser l’indifférence et l’ignorance, de comprendre ce que vivent les personnes plus pauvres dans leur vie quotidienne. La journée du 17 Octobre, célébrée depuis 1992 au Pérou, est un moment de rencontre et de réflexion pendant tout le mois d’octobre : des expositions d’art, des vidéo-forums, des commémorations, des rencontres, des défilés civiques, des concerts, des ateliers inter-institutionnels touchent un public de plus en plus nombreux et varié.
En 2003, un atelier inter-institutionnel a été organisé par l'Association péruvienne ATD Quart Monde sur la base de cette question : Comment passer de la théorie et des chiffres aux visages d’adultes et d’enfants qui combattent quotidiennement pour détruire la misère et éviter, qu'en leur nom, on pratique la violence ?
30 organismes (ONGs, organisations de base, associations communales rurales) y ont participé. Le rapport de la "Commission de la vérité et de la réconciliation" montre que la violence au Pérou a provoqué 70 000 morts et que 75% étaient des paysans quechuas. ATD Quart Monde a contribué au rapport en indiquant que cette violence avait affecté les secteurs opprimés, que beaucoup de ces victimes étaient des personnes, enfants et familles qui vivaient dans extrême pauvreté.

3. La journée internationale pour l’élimination de la pauvreté à l’Ile Maurice
Le 17 octobre 2004, à Port Louis Water-Front, a eu lieu l’inauguration d’une « Mémoire en hommage aux victimes de la faim, de l'ignorance et de la violence », réplique de la dalle en l’honneur des victimes de la misère scellée le 17 octobre 1987 sur le parvis des Droits de l'Homme à Paris.
Une militante explique l’importance de la journée internationale pour l’élimination de la misère à l’Ile Maurice : « On dit que Maurice est un pays touristique, que c’est un paradis au milieu de l’Océan Indien. Port Louis vit bien, il y a de grands colloques internationaux. Les étrangers voient Maurice comme un pays phare. Mais entre les immeubles, derrière les plages, il y a des enfants, des personnes qui vivent dans la rue. Ces personnes souffrent d’une grande exclusion et du regard blessant sur eux.
Grâce au 17 octobre, nous montrons que la misère existe chez nous et qu'il faut s'engager dans cette lutte contre la misère. La pauvreté a été mise en évidence, mais pas de façon violente.
Nous avons toujours préparé cet événement avec d'autres ONG qui luttent contre la pauvreté, associations hindou, musulmane, églises chrétiennes, avec des artistes locaux et le conservatoire. Ce jour-là, les très pauvres sont présents, mais aussi les politiciens, les ambassadeurs. Nous lisons des témoignages de familles de nos îles et du monde. La préparation se fait avec elles. Ces témoignages mettent à l'honneur la vie des familles.
Nous avons fait des marches dans plusieurs quartiers et dans différents lieux symboliques.
Maintenant, la journée du 17 octobre est reprise par le gouvernement et l'opinion. Après le premier 17 octobre, le gouvernement a pris conscience qu'il fallait faire quelque chose. Les maires et les présidents des conseils de village ont pris conscience que dans leurs responsabilités, ils devaient agir pour éliminer la pauvreté.
Cela pose une question à chacun : « Qu'est-ce que je fais contre la pauvreté ? » aussi bien au gouvernement, au maires, aux citoyens, aux voisins : « Comment faisons-nous pour que chacun puisse vivre convenablement ? »
Le 17 octobre a permis de montrer que les personnes en situation de pauvreté étaient des acteurs de développement : cela soutient les efforts et les projets faits pendant l'année. »

4. ONU, Palais des Nations, Genève (Suisse)
La journée internationale pour l’élimination de la pauvreté est célébrée dans de nombreuses instances internationales et nationales, par exemple, par les Nations Unies, au siège à New York, et aussi par l’UNESCO, la FAO, le PNUD, le BIT, la Banque Mondiale, le Conseil de l’Europe et l’Union Européenne. En France, un Sénat-junior sur le refus de la misère a été organisé en 2004 ; les Philippines ont reconnu le 17 octobre comme une journée nationale.
Par exemple, à Genève, en 2004, le Service de l'information des Nations Unies et le Mouvement international ATD Quart Monde ont marqué la Journée internationale pour l'élimination de la pauvreté le 15 octobre 2004 dans la Salle des pas perdus par la lecture d’un message du Secrétaire général des Nations Unies et du représentant du Directeur général de l'ONUG, par la lecture du texte de la dalle du Trocadéro et des strophes à la gloire du Quart Monde de tous les temps et par des messages de familles qui résistent à la misère en Suisse et à travers le monde.
Une table ronde présidée par Mme Mehr Khan, Haut commissaire adjoint aux droits de l'homme des Nations Unies, avec des représentants de l'UNICEF, de la Fédération internationale des travailleurs sociaux et d' ATD Quart Monde a été organisée sur le thème : « Comment nos sociétés peuvent-elles agir plus efficacement pour empêcher l'extrême pauvreté de séparer les parents et les enfants ? »

5. « Acteurs ensemble d’une Europe de la dignité pour tous » rencontre à Varsovie, 2004
ATD Quart Monde a organisé la rencontre : « Acteurs ensemble d’une Europe de la dignité pour tous » en collaboration avec le Médiateur pour les droits du citoyen en Pologne, le Comité économique et social européen et l’Université de Varsovie les 6 et 7 février 2004.
Le thème central était d’approfondir en quoi l’expérience et la participation des personnes vivant dans la grande pauvreté est une nécessité et une chance pour faire avancer la démocratie en Europe et dans le monde.
Les 300 participants de Belgique, République Tchèque, Allemagne, Espagne, France, Irlande, Italie, Luxembourg, Hongrie, Pays-Bas, Pologne, Roumanie, Russie, Suisse, Slovaquie, Royaume-Uni, ont dialogué comme des hommes et des femmes qui savent qu'ils sont co-responsables de faire reculer la pauvreté et l'exclusion sociale, de bâtir une société qui respecte chaque personne. En cherchant à apprendre le dialogue entre personnes de statuts et d’histoires si différents - incluant des personnes dont la parole est souvent dévalorisée, tenue pour négligeable - les participants à la rencontre de Varsovie ont renforcé leurs engagements et apporté une contribution originale et nécessaire à la construction de l'Europe(7).

C. Développement durable

ATD Quart Monde a fait une intervention au Sommet Mondial sur le Développement Durable, à Johannesburg, en 2002 en présentant le document : «Les plus pauvres, partenaires absents du développement durable.»(8) A partir de l’expérience de nombreuses ONG, il est possible d’affirmer la nécessité que les décideurs associent les groupes qui vivent dans l’extrême pauvreté, dès les toutes premières étapes et tout au long du processus de mise en œuvre de projet de développement durable. L’enjeu pour ces groupes est énorme car ils n’ont pratiquement aucun moyen de se prémunir contre les menaces sanitaires dues à la dégradation de l’environnement et aux conditions dans lesquelles ils tentent de trouver des moyens d’existence. Les partenariats qui se limitent aux groupes les plus faciles à atteindre peuvent devenir des instruments d’exclusion écrasants à l’encontre des autres groupes.
L’exemple d’un projet de développement en Afrique orientale, qui a négligé de prendre en compte les plus démunis, démontre clairement la nécessité d’établir un partenariat avec les plus pauvres au cœur des projets de développement durable.
Plusieurs expériences concrètes sont décrites :
- en Afrique occidentale, un projet encourage des jeunes vivant dans la rue à repartir vers la campagne apporter leur soutien à leurs familles ;
- en Amérique Centrale, des femmes utilisent le microcrédit pour s’acheter un terrain ou un logement ;
- en Amérique du Nord, les habitants d’une région rurale, victimes d’un développement abusif partagent leurs expériences avec des populations d’autres pays ;
- en Amérique du Sud, l’accès d’un groupe de population rurale au réseau public de distribution d’eau courante a été amélioré.
En conclusion, le document fait des recommandations pour la mise en place de ces partenariats.

D. Droits de l’homme et extrême pauvreté

La question de l'indivisibilité des droits de l’homme et de l'extrême pauvreté a été inscrite au programme de la Commission des Droits de l’Homme des Nations Unies à Genève à la demande du Père Joseph Wresinski à la fin des années 80. Cette interpellation a été à l’origine du rapport de Leandro Despouy, rapporteur spécial sur l'extrême pauvreté, adopté en 1996 par la Sous-commission de la promotion et de la protection des droits de l’homme.
(E/CN.4/Sub.2/1996/13)
ATD Quart Monde s'est beaucoup investi dans tous ces travaux en y témoignant de la vie, de l'expérience et de la pensée des groupes les plus défavorisés à travers le monde. Il a sans cesse rappelé la nécessité d'une approche fondée sur la dignité humaine et l'indivisibilité des droits de l'homme, incompatible avec une démarche promouvant seulement quelques droits minimums.
Depuis 2001, ATD Quart Monde a régulièrement contribué aux travaux des instances des droits de l’homme sur le thème des droits de l’homme et de l’extrême pauvreté, notamment par des contributions écrites ou orales, par l’organisation d’évènements parallèles durant la Commission des droits de l’homme, en envoyant un commentaire au projet de principes directeurs (Draft Guidelines : A Human Rights Approach to Poverty Reduction Strategies) en octobre 2004.

1. Consultation des plus pauvres en vue d'un texte international contre l’extrême pauvreté
Conformément à un mandat confié par la Commission des droits de l’homme (résolution 2001/ 31), à la Sous-commission, celle-ci a demandé à cinq de ses membres d’identifier les éléments qui pourraient être inclus dans un texte international sur l'extrême pauvreté et les droits de l’homme.
Dans sa résolution 2004/23, la Sous-commission, à la demande de M. José Bengoa, coordinateur du groupe d’experts, invite les experts à « prendre part à des séminaires régionaux impliquant des personnes en situation d'extrême pauvreté et des personnes engagées à leurs côtés afin d'identifier les éléments fondamentaux devant figurer dans un texte international sur l'extrême pauvreté et les droits de l'homme ».
ATD Quart Monde a fait une proposition d’organisation de séminaires régionaux qu’il discute actuellement avec les experts et les organismes concernés (Agences des Nations Unies, gouvernements, ONG, etc.). Un premier séminaire a eu lieu à Bangkok en mars 2005.

2. Des experts des droits de l’homme rencontrent des familles très pauvres, Bangkok, mars 2005
A la suite d’interviews approfondies menées par l’équipe ATD Quart Monde de Bangkok, une délégation de familles vivant dans deux lieux de grande pauvreté, dans un bidonville et sous un pont, a travaillé avec le Pr. Yozo Yokota, membre de la Sous-commission des droits de l’homme et des membres d’ATD Quart Monde. Un membre de la Commission consultative des droits de l’homme de Thaïlande et un représentant du Haut Commissariat aux droits de l’homme des Nations Unies étaient également présents.
Voilà quelques échos du dialogue qui s’est établi durant deux jours à Bangkok sur les défis auxquels sont confrontés ces deux communautés pour vivre dans la dignité et le respect.
« Nous ne savons pas si on va nous chasser demain. »
« Nous ne pouvons pas espérer de soutien de la police, on nous reproche notre situation. »
« Nous travaillons dur pour que nos enfants aient une bonne éducation. »
« Comment vous soutenez-vous entre vous dans le bidonville ? »
« Pourquoi la carte de santé à 30 bahts ne vous permet-elle pas de vous faire soigner ? »

3. Accès aux droits fondamentaux pour tous, Nantes (France), mai 2004
En mai 2004, l’UNESCO et la ville de Nantes ont organisé le 1er Forum mondial des Droits de l’Homme. 1400 personnes y ont participé : fonctionnaires, experts internationaux, militants, élus, citoyens.
ATD Quart Monde y était présent et a demandé que l’on garde le cap des droits fondamentaux pour tous. Paul Bouchet, ancien président d’ATD Quart Monde - France a notamment affirmé : « Dans le monde aujourd’hui, il y a d’autres défis importants, mais la pauvreté recouvre tout. Elle est là, la priorité des priorités. Les pauvres nous attendent depuis si longtemps qu’on a autre chose à leur offrir qu’un horizon toujours repoussé. La question qui compte, c’est la qualité d’une vie digne. La dignité, ça veut dire tout à la fois les moyens d’existence suffisants et de meilleures raisons de vivre. »
ATD Quart Monde a également organisé une table ronde intitulée : « Les plus pauvres, révélateurs et acteurs de l’indivisibilité des droits de l’homme ».

E. Libre circulation de l’information et des connaissances

La libre circulation de l’information et les connaissances entre les pauvres et les non-pauvres est un des éléments essentiels, avec la transformation des mentalités qu’elle implique, pour casser les barrières et les malentendus sociaux qui existent entre eux. Pour supprimer la pauvreté avec succès et créer une culture de la paix il doit y avoir un partage bi-directionnel de la connaissance où chaque côté apprend de l'autre. Cette réciprocité des savoirs permet aux plus pauvres de faire connaître au monde les chemins déjà parcourus pour sortir de la misère, en même temps qu’ils reçoivent du monde les outils pour accéder à leurs droits et assumer leurs responsabilités.

1. Actions de partage du savoir
Dans ce sens, une centaine de Bibliothèques de rue, sont menées dans la rue, dans des villages, sur un marché, sous un pont, dans plusieurs pays où ATD Quart Monde est présent. Il s’agit de valoriser l’intelligence des enfants, leur soif de découvrir le monde, leurs capacités et de développer leur créativité. Ces actions s’appuient d’abord sur les connaissances des enfants, des adultes et de la communauté. Certains parents disent : « Vous venez ajouter au savoir de nos enfants ». D’autres : « Vous faites sortir nos enfants des ténèbres, vous leur donnez l’envie d’apprendre ». Dans plusieurs lieux, cela a encouragé les parents à faire des efforts supplémentaires pour scolariser leurs enfants.
A Paris, des ateliers découverte de l’informatique permettent à des personnes vivant des situations difficiles et connues par le biais de l’Université Populaire, d’apprivoiser l’outil informatique.
« Il a fallu vaincre sa peur. J’ai fini par aller au bout. Je n’ai pas jeté l’ordinateur par la fenêtre parce qu’autour de nous, les gens étaient calmes. Ils ne disaient pas : « Celui-ci, il ne va pas y arriver » témoigne un des participants.



Biblioteque de Rue à Madagascar
Foto ATD Quart Monde 2003

2. Société de l’information
Pour réussir une société de la connaissance pour tous, il faut renforcer la dimension humaine de la société de l’information et mettre la lutte contre l’extrême pauvreté au premier rang des priorités internationales. A cet égard, les Etats membres des Nations Unies, tout comme l’UIT, l’UNESCO et les partenaires du monde économique et de la société civile, doivent s’engager fermement pour inclure la lutte contre l’extrême pauvreté au premier rang des engagements pris au Sommet Mondial sur la société de l’Information – et s’engager fermement dans leur suivi.
Le Mouvement ATD Quart Monde a participé au Sommet sur la Société de l’Information, à Genève en décembre 2003. Dans une contribution intitulée « Une société de la connaissance pour tous.(9)», il propose notamment, de :
- développer des contenus utiles pour l’éradication de la misère,
- développer une politique de communication sur les avancées de la lutte contre la pauvreté, en mettant en évidence les apports des populations concernées,
- favoriser la création de contenus (informations, connaissances) par les plus pauvres eux-mêmes,
- soutenir les mises en réseau des personnes et groupes qui luttent contre l’extrême pauvreté.

F. Compréhension, tolérance et solidarité

La compréhension, la tolérance, la solidarité sont exprimées de façons différentes selon l’angle d’où elles sont regardées et vécues. Pour ce qui est des réalités vécues par des familles dans la misère comme par ceux engagés avec elles dans la durée, l’incompréhension, voire la solitude et l’exclusion sont davantage leur lot quotidien. Car l’extrême pauvreté n’est pas une « affaire » qui peut se régler en quelques mois. Elle affecte gravement et souvent durablement les personnes qui la subissent, et l’éliminer demande des efforts de compréhension, de tolérance et de solidarité ancrés dans des efforts de connaissance et demande des engagements qui durent. Et pour durer, il faut des espaces de recul, des lieux de liberté. Les exemples présentés ci-dessous illustrent des façons de vivre la compréhension, la tolérance et la solidarité en lien avec la volonté d’éliminer l’extrême pauvreté.

1. Le Forum permanent sur l’extrême pauvreté dans le monde
Le fondateur d'ATD Quart Monde a créé un réseau d'amitié et de soutien à travers le monde, dans le souci que personne ne reste seul dans son effort de refuser et lutter contre la misère. Ce réseau s'appelle le « Forum permanent sur l'extrême pauvreté dans le monde » et s'adresse à toute personne, avec un accent sur des personnes isolées et des petites, voire très petites associations engagées auprès de familles très démunies, souvent dans la solitude, sans soutien, sans reconnaissance. Il y a des correspondants du Forum permanent dans plus de cent pays. L'esprit qui les anime est de se partager des expériences, des questions, des succès comme des échecs en toute liberté et dans la réciprocité. Le Forum constitue un lieu de recul, de réflexion et de partage sur l'action et l'engagement.
Les moyens du Forum sont simples : une correspondance personnalisée, un bulletin « La lettre aux amis du monde », qui parait trois fois par an, actuellement en espagnol, anglais, français, portugais et bientôt en arabe. Des séminaires sont organisés pour permettre la rencontre et l’échange directs entre des correspondants. Ainsi, en septembre 2005, avec le soutien de l’UNESCO et de la Commission nationale française de l’UNESCO, est prévu un séminaire Méditerranée autour du thème « Contribution des personnes et familles très pauvres au dialogue interculturel dans la société de l’information ». L’objectif est de mieux cerner et comprendre en quoi les familles les plus pauvres apportent une contribution du dialogue entre des personnes d’horizons et de cultures différents, et de renforcer les capacités des personnes concernées. Une soixante de participants du pourtour méditerranéen est attendue à ce séminaire.

2. Espace de fraternité en Haïti
En Haïti, lors des émeutes de février 2004, les équipes d’ATD Quart Monde du monde entier ont envoyé des messages de soutien et de solidarité. Les familles disent : «Ces messages ont une grande valeur pour nous, nous savons que nous ne sommes pas seules, nous avons des amis dans le monde entier qui s’inquiètent pour nous, nous donnent du courage et espèrent pour nous.»
La violence des événements a empêché les gens de sortir dans la rue, de se rencontrer, spécialement dans les quartiers les plus pauvres. « La violence dans le pays touche tout le monde, riches ou pauvres. Tu n’oses plus sortir, tu n’oses plus marcher dans la rue, tu vas te coucher, tu as peur, tu ne sais plus ce que tu dois faire ! Entre voisins, nous souffrons l’un pour l’autre, le voisinage, c’est notre protection. Riches et pauvres, tout le monde ensemble doit collaborer, nous devons faire la paix, pour combattre ensemble la misère. » dit une mère de famille d’Haïti.
Ces dernières années, malgré l’insécurité liée à celle du pays et aux conditions de survie dans les quartiers pauvres, les habitants de ces quartiers en lien avec ATD Quart Monde et tous les membres du mouvement ont tenu à continuer leurs rencontres mensuelles pour « rompre le silence, se confier et espérer ensemble ». Certaines personnes ont dit :
« Nous devons montrer de la dignité à tout le monde. Avec le problème de l’eau dans le quartier, les gens se battent chaque jour pour avoir de l’eau à boire et de la nourriture à manger. »
«Le Mouvement est resté pour nous vraiment ce lieu d’unité où on peut penser et se rencontrer à nouveau.»
Rester un lieu de paix et de rencontre, créer un espace de fraternité, d’humanité où les personnes de tous milieux ont pu se rencontrer malgré les troubles, rester très proche des familles sans se laisser entraîner par la violence ou un parti pris a été l’action la plus importante de l’équipe en Haïti pour contribuer a rétablir une certaine paix.


Notes
(1) « Les enfants Tapori font vivre la Convention internationale des droits de l’enfant. » Contribution du Mouvement International ATD Quart Monde à la Session extraordinaire de l’ONU consacrée aux enfants, Mai 2002, disponible en anglais, espagnol et français
(2) Lettre aux amis du monde. Sept 2002 No 53
(3) Du 30 juin a 6 juillet 2003.
(4) Rapport du séminaire International TAPORI (Équipe de préparation du séminaire) page 3
(5) plus information à le site http://www.tapori.org
(6) Les Universités Populaires Quart Monde, créées en 1972, sont des lieux de dialogue et de formation réciproque entre des adultes vivant en grande pauvreté et d’autres citoyens qui s’engagent à leurs côtés. Tous viennent pour apprendre les uns des autres, en apportant leurs expériences et leurs savoirs propres. En effet, sans parole publique, il est impossible d’exister comme citoyen. Créer les conditions nécessaires pour que tous puissent prendre la parole et participer au dialogue social permet d’enrayer le processus destructeur qui condamne au silence la population la plus pauvre.
(7) « Acteurs ensemble d’une Europe de la dignité pour tous » Regards sur la rencontre page 1
(8) Ce document est accessible en ligne sur le site Internet : http://www.atd-quartmonde.org/intern/docu_intern/Joho1Fr.htm, en anglais, espagnol et français
(9) Une société de la connaissance pour tous. Contribution du Mouvement International ATD Quart Monde au Sommet sur la Société de l’Information, Juillet 2003. En ligne sur le site web: http://www.atd-quartmonde.org/intern/wsis/SMSI-ATD-FR.pdf

ADVICE: What advice would you like to give to the Secretary-General and the General Assembly to promote a culture of peace and nonviolence during the second half of the Decade?

IV. RECOMMANDATIONS
Les recommandations prioritaires adressées au Secrétaire général des Nations Unies pour œuvrer en faveur d’une culture de la paix et la non-violence sont les suivantes :

- Dans tout le système des Nations Unies, accorder une priorité à l’élimination de l’extrême pauvreté, avec la participation des plus pauvres eux-mêmes, et saisir, pour affirmer cette priorité, les échéances importantes du calendrier de la communauté internationale, en commençant par le Sommet de septembre 2005 sur l’évaluation de la mise en œuvre de la Déclaration du Millénaire et des Objectifs du Millénaire.

- Dans cette même direction, propager et renforcer le courant mondial du refus de la misère mis en route depuis 1987 grâce à la célébration du 17 octobre, Journée internationale pour l’élimination de la pauvreté, en demandant que soit respectée la participation effective des plus pauvres.

- Affirmer la nécessité de l’engagement humain dans la durée pour lutter efficacement contre l’extrême pauvreté et chercher les moyens juridiques et financiers pour rendre possibles de tels engagements humains, à travers le monde.

PARTNERSHIPS: What partnerships and networks does your organization participate in, thus strengthening the global movement for a culture of peace?

V. PARTENARIAT
ATD Quart Monde participe aux réseaux suivants (à titre indicatif , non exhaustif)

A. Au niveau international
- Membre de la CONGO - Conférence des ONG avec statut consultatif auprès de l’ECOSOC ; du Comité de liaison des ONG auprès de l’UNESCO ; du Comité ONG-UNICEF ; du Comité des ONG pour le Développement social, du Sous-comité des ONG pour l’éradication de l’extrême pauvreté
- A l’UNESCO en particulier , participation aux Commissions Programmatiques Mixtes ONG-UNESCO « Dialogue entre les cultures pour la paix » et «Eradication de la pauvreté, avec le thème : diversité culturelle, patrimoine et éradication de la pauvreté», au « Groupe de Réflexion ONG-UNESCO sur l’Education pour Tous.
Membre également de la Consultation Collective sur l’Education pour Tous
- Participation au Forum Social Mondial en 2002, 2003, 2004 et 2005
- Membre de l’EAPN, Réseau européen anti-pauvreté
- Membre du Comité de liaison des ONG ayant un statut participatif auprès du Conseil de l’Europe. La présidence de ce comité est assurée par un membre d’ATD Quart Monde.

B. Au niveau national et local
Dans tous les pays où il est présent, ATD Quart Monde participe à des coalitions d’ONGs ou des groupes de travail sur la lutte contre la pauvreté, où sont abordées les questions liées la paix et de la non-violence, en particulier en ce qui concerne les enfants.

C. ATD Quart Monde est créateur de réseaux
- Le Forum permanent sur l’extrême pauvreté dans le monde, s’adressant à des personnes et associations dans plus de 100 pays, avec un bulletin de liaison « La lettre aux amis du monde » publiée en 4 langues.
- TAPORI, la branche enfance, relie entre eux des enfants de tous milieux pour que l’amitié gagne sur la misère.

PLANS: What new engagements are planned by your organization to promote a culture of peace and nonviolence in the second half of the Decade (2005-2010)?

VI. PROJETS

A. Séminaire méditerranéen du « Forum Permanent sur l’Extrême Pauvreté »
Le séminaire méditerranéen du « Forum Permanent sur l’Extrême Pauvreté dans le Monde » qui aura lieu en septembre 2005 ouvrira de nouvelles pistes de coopération et d’échanges entre ATD Quart Monde et des associations engagées avec des populations très démunies dans le pourtour Méditerranéen. Des nouveaux projets seront développés avec des partenaires de cette région, en particulier au niveau de la formation, par exemple : séminaires pour des acteurs de terrain, organisation annuelle de « Campus » s’adressant à des chercheurs et des universitaires.

B. Dynamique d’approfondissement et de mobilisation du 17 octobre, Journée mondiale du refus de la misère
Cette démarche permettra d’évaluer les transformations provoquées par cette journée, comprendra une recherche historique, des études par pays à partir de questionnaires envoyés aux membres du Mouvement, à des ONG, aux gouvernements et aux partenaires de l’ONU qui célèbrent cette journée. Le but recherché est double :
- identifier les conditions requises pour que les personnes vivant dans l’extrême pauvreté puisent de nouvelles forces, un nouveau courage grâce aux événements organisés.
- utiliser la dynamique créée par le 17 octobre pour développer de nouvelles alliances et de nouvelles initiatives qui élargiront le courant de refus de la misère à des niveaux nationaux et internationaux.
Le Comité de,   pilotage de la démarche travaillera avec un groupe consultatif de chercheurs.
Les étapes prévues
- un séminaire international au Canada en mai 2006,
- des articles, un montage PowerPoint,
- fin 2006 : un événement à New York qui rendra publiques les conclusions de ce travail,
- le 17 octobre 2007 : 20e anniversaire de l’inauguration de la Dalle commémorative des victimes de la misère à Paris avec le texte du père Joseph Wresinski. Un rassemblement important est prévu à Paris en lien avec les autres événements à travers le monde.

C. Lancement d’une campagne pour 2006/2007
Bien que très diversifiée selon les pays et les régions, l’objectif commun de cette camapgane sera de faire comprendre le plus largement possible que la lutte contre la grande pauvreté ne peut être cantonnée aux seuls moyens préconisés jusqu’à présent (assistance, développement, libéralisme pur, démarche alter mondialiste…) et qu’elle fait appel à une façon d’être et d’agir dans le monde dont le père Joseph Wresinski a été un pionnier.

En 2006, les 50 ans de l’arrivée du père Joseph Wresinski au Camp des Sans Logis de Noisy le Grand (France) pourraient être l’occasion :
- de faire connaître la personnalité, la pensée, la spiritualité et l’action du père Joseph Wresinski, les origines du Mouvement ATD Quart Monde et, ainsi, de proposer des sources d’inspiration pour le présent et l’avenir dans les pays et la communauté internationale,
- de faire comprendre l’importance d’un engagement de proximité dans la durée auprès des personnes et des populations qui souffrent de l’exclusion et de la misère, en particulier l’engagement du volontariat.

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