Entering a watershed period of human history

(pour la version française, voir en dessous)

“We’ve seen two shocking election results recently: the defeat of the referendum for the peace accords in Colombia, and the election of Donald Trump in the USA based on a racist and xenophobic campaign. What does it mean? It means that voters in the two countries are alienated from their governments – quite simply, they do not trust the government. And they are angry. So what comes next? Do we slide back into war or into fascism? Or do we return to the people, listen to their fears and anger, and organize them in the sense that Martin Luther King told us?: “The supreme task is to organize and unite people so that their anger becomes a transforming force.

Hopefully, we can avoid a nuclear war, which might have been greater if Clinton had been elected.

But at the same time, yes, we are moving backwards.

By looking at the big picture, we can see that this is inevitable. As I describe in my novella, “I have seen the promised land“, the American empire is crashing, and it will bring immense human costs in dislocation and suffering, far greater than we can imagine at this time. As a result, we may assume, as I describe in the novella, that there will be attempts to impose a fascist “solution” much as was done during the greatest economic collapse of the 20th century.

In fact, the election of Trump promises to embolden fascists everywhere. We already see fascism in Turkey, and it is threatened in Brazil and Venezuela. Not to mention fascist political parties on the rise throughout Europe.

Hence, we are aleady challenged to overcome fascism now, before we suffer from the economic collapse. Perhaps that is to our advantage, because the struggle will be more difficult later when economic survival becomes the priority.

In the CPNN bulletin, we list some of the measures being taken already in the fightback against the attacks on human rights in the United States and towards territorial peace in Colombia. The move towards sanctuary universities, cities and states in the USA is especially impressive. Were there such moves when minorities were targeted in Germany during the 30’s? We cannot forget the words of the pastor Martin Niemöller in Germany at that time, “First they came for the communists and I did not speak out— because I was not a communist.” Then the trade unionists. . Then the Jews . . . Then the catholics. “Then they came for me—and there was no one left to speak for me.”

We note that in both the USA and Colombia, the fightback takes place primarily on the local level, often at the level of cities and towns. At the national level, the corruption of the culture of war continues. We may be slow it down, but it cannot be eradicated there because it is too much entrenched in the structure of national government. At the local level, however, we can be free from the culture of war and free to develop strength for the culture of peace.

In Colombia, there was consideration of a process by which the revised peace accord would be adopted through open municipal councils with direct participation of citizens. Unfortunately, however, there is so much violence and threat of renewal of war that it was decided not to take this route but rather to seek ratification immediately from the national congress. However, in the long run, I have argued elsewhere, the peace will not be sustainable until it is established and maintained at the local and municipal level.

We also note that in both the USA and Colombia, the leadership is being taken by young people. That is inevitable and necessary. As I documented previously in my history of American Peace Movements, each new peace movement must reinvent its methods, because the preceding movement has become rigid and inflexible in its approach. However, that does not mean that the older generation should remain on the sidelines. We have ever more work to do as advisors to the new generation. In that regard, I call your attention to the example of I.F. Stone who served as an advisor to the youth movements of the 1960’s. The new generation of activists will have to look for our advice based on the experience of previous generations, and we must be there alongside them.

To some extent, our advice will be tactical. We must teach the methods of nonviolence and mass mobilization. We must alert the new generation to avoid the influence of agents provocateurs.

But even more so, it is important to provide strategic advice. The most important task is to prepare both the consciousness of the people and new institutional frameworks, so that when the institutions of the culture of war have momentarily collapsed, we can create a new United Nations based directly on the people.

We are entering a watershed period of human history. Although it is being pushed forward by economic factors, the ultimate determining factor can become the social consciousness of the people themselves.

      NOUS ENTRONS DANS UNE PERIODE CRITIQUE DE NOTRE HISTOIRE

    Nous avons vu récemment deux résultats électoraux choquants: la défaite du référendum sur les accords de paix en Colombie et l’élection de Donald Trump aux Etats-Unis après une campagne raciste et xénophobe. Qu’est-ce que cela signifie ? Cela signifie que les électeurs dans les deux pays se sentent aliénés, dépossédés de leurs gouvernements – tout simplement, ils ne font plus confiance à leurs dirigeants et ils sont en colère. 
Alors, que va t-il arriver maintenant ? Allons-nous tomber dans la guerre ou dans le fascisme, ou retournerons-nous vers les peuples ? Serons nous capable d’écouter leurs craintes et leur colère et de nous organiser dans le sens exprimé par Martin Luther King? :”La tâche suprême est d’organiser et d’unir le peuple pour que sa colère devienne une force transformatrice“.

    Espérons que nous pourrons éviter une guerre nucléaire, bien que cela ait été plus probable si Hillary Clinton avait été élue.

    Mais en même temps, oui, nous sommes dans la régression. 

En regardant les grandes lignes, nous pouvons voir qu’une régression est inévitable. Comme je l’ai décrit dans la Nouvelle: «J’ai vu la terre promise», l’empire américain est en train de s’effondrer, et il entraînera des coûts humains énormes dans la dislocation et la souffrance, beaucoup plus grands que ce que nous pouvons imaginer. En conséquence, nous pouvons supposer, comme dans mon roman, qu’il y aura des tentatives pour imposer une «solution» fasciste, comme cela a été le cas lors du plus grand effondrement économique du XXe siècle, en 1929.

    En fait, l’élection de Trump promet d’encourager les fascistes partout. Nous le voyons déjà en Turquie, et il semble vouloir émerger au Brésil et au Venezuela. Sans parler des partis politiques fascistes à la hausse dans toute l’Europe.

    Par conséquent, nous devons lutter MAINTENANT contre le fascisme, avant que nous ne souffrions de l’effondrement économique. Peut-être est-ce à notre avantage, parce que la lutte sera bien plus difficile plus tard lorsque la survie économique deviendra la priorité.

    Nous citerons quelques-unes des mesures qui sont déjà prises pour lutter contre les atteintes aux Droits de l’Homme aux États-Unis et pour aller vers la paix territoriale en Colombie. Les initiatives pour les sanctuaires dans les universités, les villes et les États aux États-Unis sont particulièrement impressionnantes (cf. cpnn). Y a t-il eu de tels mouvements lorsque les minorités ont été ciblées en Allemagne dans les années 30 ? Souvenons nous des paroles du pasteur Martin Niemöller en Allemagne à cette époque : “Quand ils sont venus chercher les communistes, je n ai rien dit, je n’étais pas communiste. Quand ils sont venus chercher les syndicalistes, je n’ai rien dit, je n’étais pas syndicaliste.” Puis ils sont venus chercher les juifs, ensuite les catholiques. “Puis ils sont venus me chercher. Et il ne restait plus personne pour dire quelque chose.”

    Nous notons que, aux États-Unis comme en Colombie, la lutte se fait principalement au niveau local, souvent au niveau des villes. A l’échelle nationale, la corruption de la culture de guerre continue. Nous espérons pouvoir éviter le fascisme et ses extrêmes ; mais la culture de guerre ne peut pas être éradiquée dans la structure du gouvernement national parce qu’elle y est trop ancrée. Au niveau local, cependant, il n’y a pas de culture de guerre et nous sommes libre de développer la force de la culture de la paix.

    En Colombie, avait été envisagé un processus par lequel l’accord de paix révisé serait adopté par des conseils municipaux ouverts avec la participation directe des citoyens. Malheureusement, il y a tellement de violence et de menace de renouveau de la guerre qu’il a été décidé de ne pas emprunter cette voie, mais plutôt de demander immédiatement la ratification du congrès national. Cependant, à long terme, comme je l’ai toujours soutenu , la paix ne sera durable que si elle est établie et maintenue au niveau local.

    Notons aussi que, aux États-Unis comme en Colombie, les jeunes sont les nouveaux leaders. C’est logique, souhaitable et nécessaire. Comme je l’ai documenté dans mon histoire des mouvements pacifistes américains, chaque nouveau mouvement pour la paix doit réinventer ses méthodes, parce que le mouvement précédent est devenu rigide et inflexible dans son approche. Cependant, cela ne signifie pas que les générations précédentes doivent rester à l’écart. Nous avons encore plus de travail à faire en tant que conseillers pour la nouvelle génération. Je me souviens de l’exemple de I.F. Stone qui a servi de conseiller aux mouvements de jeunesse des années 1960. La nouvelle génération de militants devra chercher nos conseils sur la base de l’expérience des générations précédentes, et nous devons être là, à leur coté.

    Dans une certaine mesure, nos conseils seront tactiques. Nous devons enseigner les méthodes de non violence et de mobilisation de masse. Nous devons alerter la nouvelle génération comment éviter l’influence des agents provocateurs.

    Mais plus encore, il est important de fournir des conseils stratégiques. La tâche la plus importante est de préparer à la fois la conscience du peuple et les nouveaux cadres institutionnels, de sorte que lorsque les institutions de la culture de la guerre s’effondreront, à ce moment nous puissions créer une nouvelle ONU basée directement sur le peuple.

    Nous entrons dans une période critique de l’Histoire de l’humanité. Bien qu’il soit poussé par des facteurs économiques, l’ultime facteur déterminant peut devenir la conscience sociale des peuples eux-mêmes.

Comments are closed.