Peace, nonviolence, compassion, and culture of peace

(Voir ci-dessous pour la version française)

The various initiatives at the level of the city described in this month’s CPNN bulletin are devoted to these four different goals: peace, nonviolence, compassion and culture of peace.

Certainly the initiatives are complementary and they have the potential to join in a unified struggle to change the world. But their unity remains to be achieved.

What are their differences and advantages/disadvantages?

At UNESCO, when we developed the Declaration and Programme of Action on a Culture of Peace for the UN system, we distinguished culture of peace from the traditional notion of peace. Peace, we reflected, is the period between wars when countries prepare for the their next wars. Culture of peace, instead, is a change in the culture so that wars become unnecessary, even impossible. Culture of peace was conceived as a political strategy to replace the culture of war. Each of the key characteristics of the culture of war was countered by its opposite in a culture of peace. For example, you cannot have a war if you have no enemy. It’s that simple!

The complementarity of Culture of Peace and Nonviolence was recognized in the title of the United Nations Decade following the International Year for the Culture of Peace the United Nations International Decade for a Culture of Peace and Non-violence for the Children of the World.

Whereas culture of peace was conceived specifically as a political strategy, nonviolence may be considered as a necessary tactic. Strategically, a culture of peace cannot be achieved by tactics that are violent. This is an important consideration if we analyze the history of the last few centuries. Revolutionary movements have succeeded in overthrowing cultures of war, but because their tactics were violent, they ended up establishing new cultures of war instead of cultures of peace.

In this regard, let us recall the reasoning of Mahatma Gandhi. We have no enemies, only opponents whom we have yet to convince. To succeed, the struggle must be carried on at the level of ideas, dialogue and mediation rather than force and violence.

It seems to me that we should advance under a banner of culture of peace as well as nonviolence. In that way we make it clear that this is a political strategy, not just a tactic, a strategy to replace the culture of war by a culture of peace.

And what about compassion?

Let us look closely at the text of the Charter for Compassion:

“The principle of compassion lies at the heart of all religious, ethical and spiritual traditions, calling us always to treat all others as we wish to be treated ourselves. Compassion impels us to work tirelessly to alleviate the suffering of our fellow creatures, to dethrone ourselves from the centre of our world and put another there, and to honour the inviolable sanctity of every single human being, treating everybody, without exception, with absolute justice, equity and respect.”

I see at least two aspects of this Charter that make an important contribution to the struggle for a culture of peace.

First, it is not enough to have very rational strategy and tactics, unless we also have an emotional empathy and concern for “every single human being.” This is the cry of the heart that is needed to accompany the reasoning of the head.

Second, the movement for a culture of peace should gather force from the millenia of religious, ethical and spiritual struggles that have gone before us to make a better world. While it is true that the concepts of nonviolence and culture of peace are relatively new, the struggle for a peaceful, nonviolent world is as old as humanity. Most of the great religions were established by prophets who rejected the violence of the societies in which they lived. They should be considered as the prophets of a culture of peace and nonviolence.

Another world is possible! Let us develop the unity of all these initiatives and struggles in order to achieve it!

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Paix, non-violence, compassion et culture de la paix

Les différentes initiatives au niveau de la ville, décrites dans le bulletin de CPNN ce mois-ci sont consacrées aux quatre objectifs suivant: la paix, la non-violence, la compassion et la culture de la paix.

Certes, ces initiatives sont complémentaires et potentiellement capables de se joindre à une lutte unifiée pour changer le monde. Mais l’unité reste à accomplir !

Quelles sont leurs différences, leurs avantages, et leurs desavantages?

À l’UNESCO, lorsque nous avons développé la Déclaration et Programme d’action sur une culture de la paix pour le système des Nations Unies, nous avions fait une distinction entre la culture de la paix et la notion traditionelle de paix. La paix, nous avions réfléchi, est la période entre les guerres lorsque les pays se préparent pour leurs prochaines guerres. La culture de la paix, à la place, est un changement dans la culture afin que les guerres deviennent inutiles, voire impossible. La culture de la paix a été conçue comme une strategie politique pour remplacer la culture de guerre. Chacune des principales caractéristiques de la culture de la guerre a été contrée par son contraire dans la culture de la paix. Par exemple, vous ne pouvez pas avoir une guerre si vous n’avez pas d’ennemi ! C’est tout simple !

La complémentarité de la culture de la paix et de la non-violence a été reconnue dans le titre de la Décennie des Nations Unies pour la suite de l’Année internationale de la culture de la paix: la Décennie internationale de la promotion d’une culture de la non-violence et de la paix au profit des enfants du monde (2001-2010).

Considérant que la culture de la paix a été conçue spécifiquement comme une stratégie politique, la non-violence peut être considérée comme une tactique nécessaire. Stratégiquement, la culture de la paix ne peut pas s’établir par des tactiques violentes. Ceci est une considération importante si nous analysons l’histoire des derniers siècles. Les mouvements révolutionnaires ont réussi à renverser les cultures de guerre, mais parce que leurs tactiques étaient violentes. Hélas, ils ont fini par établir de nouvelles cultures de guerre au lieu de cultures de paix.

À cet égard, rappelons le raisonnement du Mahatma Gandhi. Nous n’avons pas d’ennemis. Nous n’avons que des adversaires que nous n’avons pas encore convaincus. Pour réussir, la lutte doit être menée au niveau des idées, du dialogue et de la médiation plutôt que par la force et par la violence.

Il me semble que nous devrions avancer sous la bannière de la culture de la paix, et de la non-violence. De cette façon, nous montrerions clairement que cela est une stratégie politique, et pas seulement une tactique, une stratégie visant à remplacer la culture de la guerre par une culture de la paix.

Et qu’en est-il de la compassion?

Regardons attentivement le texte de la Charte de la compassion:

“Le précepte de compassion, qui est au coeur de toutes les traditions religieuses, spirituelles et éthiques, nous invite à toujours traiter autrui de la manière dont nous aimerions être traités nous-mêmes. La compassion nous incite à nous engager sans relâche à soulager les souffrances de tous les êtres et à apprendre à ne pas nous considérer nous-même comme le centre du monde, mais à être capable de placer autrui à cette place centrale. Elle nous enseigne à reconnaître le caractère sacré de chaque être humain, et à traiter chacune et chacun, sans aucune exception, avec un respect inconditionnel et dans un esprit de justice et d’équité.”

Je vois au moins deux aspects dans cette Charte qui apportenaiet une contribution importante à la lutte pour la culture de la paix.

Tout d’abord, il ne suffit pas d’avoir une stratégie et des tactiques très rationnelles. Il faut également avoir une empathie émotionnelle et le souci de «tout être humain.” Ceci est le cri du cœur qui est nécessaire pour accompagner le raisonnement de la tête.

Deuxièmement, le mouvement pour la culture de la paix doit s’appuyer entre autre sur les millénaires de luttes religieuses, éthiques et spirituelles qui sont passés avant nous pour un monde meilleur. Il est vrai que les concepts de la non-violence et la culture de la paix sont relativement nouveaux, mais la lutte pour un monde non-violent et pacifique est aussi vieille que l’humanité. La plupart des grandes religions ont été créées par des prophètes qui ont rejeté la violence des sociétés dans lesquelles ils vivaient. Ils doivent être considérés comme les precurseurs d’une culture de la paix et de la non-violence.

Un autre monde est possible! Développons l’unité de toutes ces initiatives et luttons pour y parvenir!

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